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Cancer et nutrition, les liens étonnants établis par la science

Le cancer devrait être la principale cause de décès dans tous les pays du monde d'ici la fin de ce siècle.


Les scientifiques soupçonnent depuis des décennies que la nutrition a une influence importante sur le risque de développer un cancer. Des études épidémiologiques menées dès les années 1960 ont montré que les taux de cancer variaient considérablement d'une population à l'autre et que les taux de cancer chez les migrants se déplaçant de pays à faible risque vers d'autres pays où le risque est plus élevé pouvaient atteindre ou même dépasser les taux de la population d'accueil.


Des expériences sur des animaux ont montré que les taux de cancer pouvaient être modifiés en adaptant son régime alimentaire, avec des preuves convaincantes que le contrôle de l'apport énergétique entraîne une réduction générale du développement du cancer. Bien que les facteurs alimentaires soient considérés comme importants pour déterminer le risque de développer un cancer, l'établissement des effets exacts de l'alimentation sur le risque de cancer est difficile à prouver.

Nous allons décrire ici les récentes preuves qui ont été établies scientifiquement:

  • La consommation d'aliments conservés avec du sel a été liée avec le cancer de la cavité buccale et du pharynx. Sur la base d'études cas-témoins, le poisson salé à la chinoise a été classé comme cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) , qui fait partie de l'Organisation mondiale de la santé. Manger plus de fruits, de légumes et de micronutriments pourrait cependant prévenir ce type de cancer.

  • Les fruits et légumes protègent-ils contre le cancer ? Les premières études cas-témoins ont indiqué que des apports plus élevés de fruits et légumes étaient associés à un risque plus faible de plusieurs types de cancer. Mais ces études sont relatives. Il semblerait que certains fruits et légumes auraient seulement un effet protecteur.

  • Les vitamines et les minéraux réduisent-ils le risque de cancer ? Par définition, les carences en vitamines et minéraux essentiels causent une mauvaise santé; cela pourrait induire une sensibilité accrue à certains types de cancer, mais il a été difficile d'établir des liens. Les suppléments de vitamines ou de minéraux à haute dose n'ont pas réduit le risque de cancer dans les populations bien nourries mais au contraire pourraient augmenter le risque; par exemple, une forte dose de carotène pourrait augmenter le risque de cancer du poumon.

  • Obésité : facteur de risque établi dans certains cancers. L'obésité est un facteur de risque établi dans le cancer de l'estomac et le cancer colorectal, probablement dû en partie au reflux du contenu de l'estomac dans l'œsophage. Aussi, l'obésité augmente le risque de cancer du pancréas d'environ 20% .

  • Attention aux boissons brulantes ! La consommation de boissons telles que le thé et le maté lorsqu'elles sont brûlantes est associée à un risque accru de cancer de l'œsophage et la consommation de boissons au-dessus de 65 ° C est classée par le CIRC comme probablement cancérogène pour l'homme.

  • Mais le thé vert est protecteur. Des études au Japon ont également montré une association inverse entre risque de cancer de l'estomac et consommation de thé vert chez les femmes (dont la majorité étaient non-fumeuses), peut-être liées aux polyphénols présent dans le thé vert.

  • Alcool et tabagisme en ligne de mire de tous les cancers: L'alcool est le principal facteur de risque lié au régime alimentaire pour le cancer du foie. Le surpoids et l'obésité augmentent également le risque. L'alcool est également incriminé dans le cancer du sein car la consommation d'alcool pourrait impliquer une augmentation des œstrogènes.

  • La conservation des aliments: L'aflatoxine, un composé mutagène produit par le champignon Aspergillus dans les aliments tels que les céréales, les noix et les fruits secs, lorsqu'ils sont conservés dans des conditions chaudes et humides, sont classés comme cancérogènes par le CIRC et constituent un facteur de risque important dans certains pays à faible revenu.

  • Consommation de viande et cancer: Le lien est difficile à établir mais on peut noter que des études ont montré une corrélation frappante entre la consommation de viande et le taux de cancer colorectal. En 2015, le CIRC a classé la viande transformée comme cancérogène pour l'homme et la viande rouge non transformée comme probablement cancérogène. Les produits chimiques utilisés pour conserver la viande transformée, tels que les nitrates et les nitrites, pourraient augmenter l'exposition de l'intestin aux substances toxiques. La cuisson de la viande à des températures élévées est également mise en cause.

  • Le lait protecteur: Des consommations plus élevées de lait et de calcium sont associées à une réduction modérée du risque de cancer colorectal. Le calcium pourrait être protecteur.

  • Des fibres de céréales contre le cancer: Des études prospectives ont montré que la consommation de 10 g de fibres alimentaires totales de plus par jour est associée à une réduction moyenne de 10% des risques de cancer colorectal; d'autres analyses suggèrent que les fibres de céréales et les céréales complètes sont protectrices, mais pas les fibres de fruits ou de légumes.

  • Le café contre le cancer du foie: Certaines études indiquent que le café pourrait avoir un véritable effet protecteur contre le cancer du foie car il contient de nombreux composés bio-actifs.


Affaire à suivre


La recherche sur les effets de la nutrition sur la santé est difficile et il reste encore beaucoup de choses à découvrir. Nous avons résumé ici les quelques relations plutôt bien établies entre nutrition et cancer.

Pour le moment, peu de liens évidents ont été établis mais suivre un régime varié et réduire sa consommation d'alcool et de tabac reste le meilleur moyen de se prémunir de la nouvelle maladie du siècle.

Source: the British Medical Journal : https://www.bmj.com/content/368/bmj.m511

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